
67 % des entreprises françaises ont subi au moins une cyberattaque en 2024, contre 53 % l’année précédente (Rapport Hiscox, 2024). Et selon le Panorama de la cybermenace 2024 de l’ANSSI, les événements de sécurité traités ont augmenté de 15 % en un an. La menace est réelle, croissante, et ne cible plus seulement les grands groupes. PME, ETI, collectivités : tout le monde est exposé.
Face à ce contexte, mettre en place des bonnes pratiques cybersécurité n’est plus une option — c’est une responsabilité de direction. Ce qui suit n’est pas un catalogue exhaustif. C’est un socle opérationnel, structuré pour aider les DG et DSI à prioriser les bons chantiers et réduire concrètement leur surface d’attaque
Comprendre les menaces pour mieux s’en protéger
Avant d’agir, encore faut-il savoir contre quoi. Les vecteurs d’attaque les plus fréquents en entreprise sont bien documentés, et ils évoluent vite.
Les principales menaces qui pèsent sur les entreprises
Le phishing reste le vecteur dominant : il est à l’origine de 60 % des cyberattaques en France selon le Baromètre CESIN 2025. L’exploitation de failles affecte 47 % des organisations touchées, suivie des attaques par ransomware — dont l’ANSSI a comptabilisé 144 compromissions signalées en 2024, ciblant en priorité les PME, TPE et ETI (37 % des victimes).
Ce qui a changé ces deux dernières années : l’IA générative démultiplie la qualité et la crédibilité des attaques par ingénierie sociale. Les emails de phishing sont désormais parfaitement rédigés, personnalisés, et parfois accompagnés de deepfakes vocaux. Les critères de détection traditionnels ne suffisent plus.
L’erreur humaine, premier facteur de compromission
46 % des attaques exploitent des erreurs humaines (Rapport Hiscox, 2024). Un collaborateur qui clique sur une pièce jointe malveillante, utilise un mot de passe faible ou connecte un terminal non sécurisé au réseau — ce sont ces brèches-là qui ouvrent la porte aux attaquants. Comprendre que la cybersécurité est un enjeu humain autant que technique, c’est le premier réflexe à avoir.
Les bonnes pratiques cybersécurité incontournables
Aucune organisation ne peut se prétendre invulnérable. Mais certaines mesures de base, correctement appliquées, suffisent à bloquer une très grande majorité des attaques opportunistes.
Gestion des accès et des identités
C’est souvent là que tout commence — et là que tout déraille. Les bonnes pratiques à mettre en place en priorité :
- Authentification multifacteur (MFA) sur tous les accès sensibles : messagerie, VPN, outils de gestion, accès cloud. C’est la mesure la plus efficace pour neutraliser le vol d’identifiants.
- Principe du moindre privilège : chaque utilisateur n’accède qu’aux ressources dont il a besoin pour son travail. Limiter les droits administrateurs aux seuls profils qui en ont réellement l’usage.
- Revue régulière des comptes : les accès des collaborateurs qui ont quitté l’entreprise ou changé de poste doivent être désactivés immédiatement. Les comptes orphelins sont des cibles faciles.
Mise à jour et gestion des vulnérabilités
L’ANSSI l’a souligné dans son panorama 2024 : les équipements de sécurité en bordure de SI — pare-feu, VPN, passerelles — constituent désormais la principale porte d’entrée des attaquants. Neuf des vulnérabilités les plus exploitées en 2024 concernaient ce type d’équipements, souvent compromis dans les jours suivant la publication des correctifs.
Appliquer les mises à jour de sécurité dans les plus brefs délais n’est pas un détail technique. C’est une obligation opérationnelle. Un outil de gestion des correctifs (patch management) permet d’automatiser et de suivre ce processus à l’échelle du parc.
Sauvegarde et plan de reprise d’activité
Une sauvegarde qui n’a jamais été testée, c’est une sauvegarde qui n’existe pas. Les règles à appliquer :
- Règle du 3-2-1 : 3 copies des données, sur 2 supports différents, dont 1 hors site (ou en cloud isolé du réseau principal)
- Sauvegardes régulières et automatisées, avec journalisation des opérations
- Test de restauration planifié au minimum une fois par an, idéalement dans le cadre d’un exercice de Plan de Reprise d’Activité (PRA)
60 % des entreprises victimes d’une cyberattaque sérieuse ferment dans les 18 mois qui suivent (Infolegale, 2024). La capacité à reprendre l’activité rapidement est souvent ce qui fait la différence entre un incident gérable et une crise irréversible.
Sécurisation du réseau et des postes de travail
La surface d’attaque s’est considérablement étendue avec le développement du télétravail et des architectures hybrides. Les mesures essentielles :
- Segmentation du réseau pour limiter la propagation d’un incident d’une zone à l’autre.
- Solution EDR (Endpoint Detection and Response) sur les postes de travail, plus efficace qu’un antivirus classique face aux menaces avancées.
- Filtrage des flux sortants et surveillance des connexions anormales.
- Chiffrement des données sensibles, notamment sur les postes nomades et les supports amovibles.
Sensibilisation et formation des collaborateurs
Les outils techniques ne protègent pas contre un collaborateur mal informé. La sensibilisation à la cybersécurité est un investissement récurrent, pas un événement ponctuel.

Ce que doit couvrir un programme de sensibilisation efficace
- Reconnaître un email de phishing, une tentative d’usurpation ou une pièce jointe suspecte.
- Comprendre les règles de gestion des mots de passe et l’usage des gestionnaires dédiés (Bitwarden, KeePass, 1Password…).
- Connaître les procédures à suivre en cas d’incident : à qui signaler, quels systèmes isoler, comment réagir sans aggraver la situation.
- Adopter des réflexes sur les usages mobiles et le travail à distance (Wi-Fi public, BYOD, verrouillage d’écran…).
Les simulations de phishing, organisées régulièrement, sont particulièrement efficaces : elles mesurent concrètement le niveau de vigilance des équipes et identifient les populations les plus exposées.
Gouvernance et conformité : structurer sa politique de cybersécurité
Mettre en place des bonnes pratiques cybersécurité sans cadre de gouvernance, c’est bricoler. Pour que les mesures tiennent dans le temps, elles doivent être intégrées dans une politique de sécurité des systèmes d’information (PSSI) formalisée.
Les piliers d’une gouvernance cyber solide
- Cartographie des actifs : savoir précisément ce qu’on a à protéger — données, applications, infrastructures — est le prérequis de toute démarche de sécurité sérieuse.
- Analyse des risques (méthode EBIOS Risk Manager recommandée par l’ANSSI) pour prioriser les chantiers en fonction de l’exposition réelle.
- Politique de gestion des incidents : qui décide quoi, dans quel délai, avec quelles ressources.
Un audit cybersécurité réalisé par un prestataire externe permet d’évaluer objectivement son niveau de maturité, d’identifier les failles réelles et de construire une feuille de route priorisée. C’est souvent le point de départ le plus efficace pour les organisations qui veulent structurer leur approche sans partir de zéro.
La cybersécurité se pilote, elle ne s’improvise pas
Les bonnes pratiques cybersécurité ne se décrètent pas lors d’une réunion de direction. Elles se construisent, s’actualisent et s’ancrent dans les processus de l’organisation sur le long terme. Gestion des accès, mises à jour, sauvegardes, sensibilisation des équipes, gouvernance : chaque brique compte, et aucune ne suffit seule.
Pour les DG et DSI qui veulent avancer avec méthode, le meilleur point de départ reste un état des lieux objectif. Chez UltraNova, notre approche cybersécurité part toujours de la réalité de votre organisation — pas d’un modèle standard — pour construire une protection qui tient dans la durée.
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